Les Monnaies alternatives… Pourquoi ?

Par défaut

Une très large majorité d’entre nous, pensent que l’argent est un outil destiné à faciliter les échanges de biens et de services.  C’est exact, enfin … ce fut exact. En effet,  si c’est bien l’objectif pour lequel fut conçue la monnaie, son utilisation en est de nos jours complètement dévoyée.

Panonceau final

Les études économiques réalisées récemment montrent que la totalité des produits financiers planétaires a une valeur monétaire cinquante fois supérieure à celle de l’ensemble des biens et services produits par l’humanité ! Plus surprenant encore, entre 80 et 97% des transactions effectuées chaque jour, le sont non pas pour réaliser des échanges de biens et de services…    mais pour réaliser des opérations spéculatives ou défiscalisantes ! Facteur aggravant, dès 2010, ces opérations étaient majoritairement réalisées par des robots… et cela hors de tout contrôle humain. En Mai 2010, l’algorithme défectueux d’un robot opérant sur Wall Street est parvenu à passer plus de 7000 ordres… par seconde durant une quinzaine de minutes avant qu’il ne soit repéré et désactivé.  Les fluctuations provoquées sur les cours entrainèrent quelques secondes plus tard des mouvements du même ordre sur tous les autres robots pourtant mieux programmés. On nomma ce krack le « flash krack ». Aujourd’hui nous n’en sommes plus là – dormez tranquilles – ces vieux robots ont été remplacés par d’autres bien plus rapides, capables de traiter 40 fois plus d’opérations à la seconde sur n’importe laquelle des places boursières de la planète via un réseau spécialisé dix fois plus rapide !

Sans même porter de jugements sur l’éthique de telles opérations, il convient de bien comprendre que les volumes qu’elles représentent et la rapidité avec laquelle elles interviennent sont la cause de bien des secousses sur le fonctionnement de l’économie réelle. Et, depuis la crise des « subprime » ne croyez pas que les gouvernements aient fait autre chose que de déplacer les chaises sur le pont du Titanic :

  • Les banques de dépôts et d’investissements n’ont toujours pas été séparées
  • Les entreprises pratiquant « l’optimisation fiscale » et ne payant aucun impôt en France continuent de gagner les appels d’offres de nos institutions étatiques.
  • La taxation des transactions boursières propre à freiner le « trading haute fréquence » des robots n’a pas été mise en place.

Encore ces jours ci (23 Février 2016), a eu lieu une envolée boursière du prix du pétrole qu’aucun évènement géopolitique ne justifiait… 12,3% en un jour ! La seule explication est le caractère imprévisible des effets de la guerre que se livre des ordinateurs concurrents. En rendant volatile sans raison le cours d’une matière première stratégique, cet évènement vient une fois de plus de démontrer le caractère irrationnel du mécanisme de fixation des prix. Ce petit jeu ferra, on le devine, des dégâts importants sur la balance commerciale des pays, gros consommateurs de pétrole, et ceci quelle que soit la qualité des acteurs économiques rationnels. Le prix des matières premières étant chaque jour joué sur un coup de dés… inutile désormais de passer du temps à faire des études de marché… Dès lors, pour nous : citoyens, salariés, entrepreneurs, retraités que faire ?                                                                                                                                                                                                 C’est simple !

Si ces insupportables chenapans souhaitent jouer – qu’ils le fassent… mais avec leurs euros, leurs dollars, leurs yens… devenues des monnaies de Monopoly. Quant à nous, réalisons nos échanges réels avec d’autres billets, ceux des monnaies alternatives.

Les monnaies complémentaires, titres d’échange n’ayant de valeur que pour un nombre réduit d’acteurs, ne sont pas vulnérables à de tels détournements d’usage. Par ailleurs, leur principe est connu depuis l’antiquité Égyptienne, et elles furent utilisées couramment en Europe jusqu’au XIII eme siècle avant de tomber dans l’oubli à partir de la Renaissance.

La crise de 1929, provoquée par l’éclatement d’une bulle spéculative répandit ruine et dépression économique sur tout le monde occidental. Ce fut l’occasion ici et là en Europe de voir reverdir cette idée. En Allemagne et en Autriche elles furent bien vite interdites. En Suisse au contraire tout ce passa bien. Quelques entreprises se protégèrent en créant une nouvelle monnaie complémentaire : Le franc-wir. De nos jours encore cette monnaie octogénaire continue d’exister et, récemment elle a même permis aux 60 000 entreprises adhérentes d’être préservées des manques de liquidités consécutifs aux crises financières et économiques découlant de celle des  « subprimes » de 2007.

Dans le sillage de cette première monnaie complémentaire du XX eme siècle, un nouveau concept s’est développé dès les années 1980. Ce sont les monnaies locales complémentaires. De nos jours la plupart d’entre elles comportent non seulement une contrainte de proximité favorisant les circuits courts, mais aussi des spécificités éthiques tournées vers le respect de la nature, de la qualité biologique, du lien social et des valeurs humaines.

La roue est une de ces monnaies ! Crée en 2012 dans le Vaucluse, elle est disponible et utilisable depuis 2014 dans le Vaucluse et les Bouches du Rhône. Profitez-en !!!