JE SUIVAIS CHARLIE

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Votre Biographe à la Manif du 11 Janvier sur Marseille

Reste à régler un problème… celui de la frontière entre les 7 milliards d’univers de l’expression quasi-libre et le monde physique contraint que nous partageons. Où est-elle précisément ? Facile…  il s’agit de la couverture des livres, des affiches de spectacles, des pages d’accueil de site internet et bien sûr de la première page des journaux.

Ces éléments qui s’exposent sont à la jonction du domaine public et de celui de l’expression. Ils donnent à voir à tous un peu de l’univers sur lequel ils ouvrent… sans forcer personne à y entrer. Au 1er degré de lecture, l’affiche, la couverture, etc… doivent être à la fois fidèle au contenu et respecter la liberté de ceux qui ne veulent ou ne peuvent l’apprécier. C’est pour cette assez évidente raison, qu’en Occident les magazines pornographiques ne mettent pas sur leur couverture d’images trop explicites. Quand ils le font, c’est un choix éditorial qui les contraint à n’être vendus qu’en dans des lieux à accès réglementé. Là aussi notre code civil est bien fait.

Malgré toutes les qualités de CHARLIE HEBDO, dont l’esprit est né avec la France de 68, au fil du temps leurs « Une »  ont choqués de plus en plus de gens qui souhaitaient seulement acheter un programme TV, ou même trouvaient un CHARLIE oublié sur le siège de leur bus.

Le nouveau monde, né du web, de la mondialisation, du SIDA, des évolutions sociales et de changements religieux est passé par là. La France de 68 n’est plus. Hélas chez CHARLIE, tous continuaient à vouloir la faire rire. La population du XXI siècle est de culture bien plus diversifiée, et par internet la diffusion des images susceptibles de faire du buzz est devenue planétaire ! Aussi, la diffusion de leurs dessins depuis longtemps n’est plus maîtrisée. La suite vous la connaissez, des sectes d’assassins se sont emparées de ces erreurs bien humaines pour justifier une condamnation qui vient d’être exécutée par des abrutis endoctrinés.

Lors des massacres de la mi-Aout 2013, au Caire, près de 1500 musulmans ont perdus la vie. A cette occasion CHARLIE avait titré «Le Coran c’est de la merde… Ca ne protège pas des balles». A mon avis cela fait partie des dessins qui auraient absolument dues être en 3eme page. Au soleil des plages de France et loin des actualités, l’irrévérence et le trait de ce dessin étaient risibles et CHARLIE n’appelait aucunement à l’extermination des Frères Musulmans.

Risible, oui … mais hélas, surtout Visible en première page.

Ce dessin rapidement sur internet avec son texte traduit en arabe a aussitôt soulevé parmi les musulmans plus d’indignation que le massacre lui-même. En y réfléchissant le paradoxe apparent qui dit que le crayon  peut-être plus dangereux que le fusil, s’explique très bien, car effectivement la pensée créative est bien plus puissante que la poudre à canon… quand elle s’affiche en première page !

A cet endroit, en 1ere page de CHARLIE, donc dans le domaine public, le dessin en question insulte le Coran et par ricochet toutes les religions du Livre puis tous les croyants s’abritant derrière la parole de leur Dieu. Ni le Coran, ni la Bible ni la Torah ne peuvent faire office de gilet pare-balle. À la fin, ce sont tous les croyants qui peuvent être blessés par les balles comme par le dessin. Et en poursuivant cette logique les croyants « presque comme les autres » que sont les Athées peuvent eux aussi l’être … Je m’explique :

Imaginez un hebdo quelconque titrant en couverture « CHARLIE c’est de la Merde, çà ne protège pas des balles » avec un dessinateur à la coupe de cheveux caractéristique tendant un CHARLIE Hebdo pour se protéger du tir d’une kalachnikov. Certains en percevraient l’humour sans forcément apprécier. Quelques philosophes y trouveraient plaisir au 3eme degré. Cependant, une grande partie des « CHARLIE du 11 Janvier » seraient choqués. Ils n’oseraient parler de blasphème mais le débat sur la liberté d’expression reprendrai avec cette fois un net avantage à la censure. Je ne le savais pas en écrivant cet article mais cette même idée a d’ailleurs germé sur le net… valant à leurs auteurs des poursuites pour « apologie du terrorisme ».

Pour revenir à cette « Une », elle n’est pas la seule en cause. En suivant CHARLIE, on en découvre une bonne dizaine.

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